Conseils de pose et d'entretien pour les terres cuites anciennes

La terre cuite est l'un des revêtements de sol les plus anciens.
Matériau naturel par excellence, il fait partie intégrante de l'Architecture traditionnelle.
Hier dans les châteaux et demeures princières, elle s'accommode aujourd'hui pleinement des maisons contemporaines ou de belles rénovations.

La terre cuite bénéficie en effet d'une qualité première : elle s'embellit avec l'âge en acquérant une patine incomparable.
Selon sa nature, ses origines et les techniques de cuisson, elle offre une large gamme de couleurs et d'aspects : tomettes, mallons, feuillets, parefeuilles...

Jusqu'au XIXe siècle, on la fabriquait à la main dans des tuileries ou briqueteries artisanales. Composée d'argile naturelle, cettte terre cuite primitive était pressée et calibrée dans un cadre en bois avant d'être cuite dans des fours à bois.

La pose, un travail de Carreleur

Carreleur posant des tomettes anciennes hexagonales à la colle

Carreleur posant des tomettes anciennes hexagonales à la colle

La terre cuite non émaillée est très appréciée pour sa résistance, son confort et ses qualités thermiques (stockage et diffusion de la chaleur très appréciable dans les maisons bioclimatiques) et convient parfaitement au chauffage par le sol.
Selon le format de la terre cuite plusieurs dispositions sont possibles : alignés, décalés, composition autour d'un "tapis" central...

Il existe deux types de pose :

La pose collée s'effectue avec un mortier colle prêt à l'emploi. Cette méthode réduit le temps de séchage et permet donc de disposer plus rapidement des lieux. Il existe des colles et des joints de qualité écologique qui remplacent avantageusement les produits habituels du commerce, trop étanches.

La pose traditionnelle s'effectue sur un mortier de 4 à 5 centimètres minimum et permet donc une plus grande variabilité des épaisseurs.
Généralement on utilise 1 volume de chaux pour 6 ou 7 volumes de sable. Trop dosée en liant, la chape serait plus solide que le carreau qui risquerait de casser.
Au moment de la pose, les carreaux doivent en revanche être humides. Il faut donc les faire tremper pendant au moins une heure puis attendre que l'eau ait disparu en surface.

Les joints sont en fait une barbotine de chaux, de sable et de terre minérale. L'espacement des carreaux dépend de leur format et de leur irrégularité : quasiment pas de joint pour les tomettes hexagonales mécaniques jusqu'à 15mm pour le parefeuille ancien.

Notons qu'il est indispensable de désolidariser la terre cuite des murs humides par un film étanche afin d'éviter que l'humidité ne se transmette à la chape et au carrelage.

Décapage et nettoyage des terres cuites

La terre cuite est poreuse et possède un pouvoir absorbant et régulateur d'humidité. Il faut donc la protéger pour éviter que ses pores ne se ferment et qu'elle ne se tache pas.

Avant le traitement, il faut commencer par nettoyer le sol à l'aide d'un produit acide spécifique.
À défaut (pour ne pas dire au pire des cas), un peu d'acide chlorhydrique dilué puis rincé à grande eau, en veillant à ne pas insister sur les joints : l'acide chlorhydrique abîme les joints de chaux ou de ciment si on le laisse trop longtemps!
Il faut donc frotter les carreaux avec un balai souple jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de réaction blanchâtre puis rincer abondamment à l'eau claire.

Un délai suffisant, défini par le carreleur selon les conditions locales d'hygrométrie du chantier doit être respecté entre la pose et le traitement (délai plus court sur un plancher chauffant).
Si l'on étend des protections (cartons par exemple) pour protéger le sol des agressions pendant cette période, il faut veiller à les retirer aussi souvent que possible pour le laisser respirer et éviter toute moisissure ou autre désagrément.

Une fois que les carreaux sont parfaitement secs et dépourvus de tout salpêtre, le traitement par imprégnation peut s'effectuer.
Les locaux devront être suffisamment ventilés et la température supérieure à 10 °C pour assurer un séchage rapide.
Il est souhaitable, même avec des produits issus de la chimie naturelle, de travailler avec un masque car les produits huileux sont en phase solvante.

Traitement pour les sols en terre cuite

Le traitement à l'huile confère un aspect incomparable et respecte la couleur naturelle de la terre cuite (testez cependant vos produits car toutes les marques ne sont pas aussi neutres).
Une couche d'imprégnation suivie de deux à trois couches fines d'huile.
Bien attendre le séchage complet entre ces couches et éviter absolument les surépaisseurs : deux fines couches valent mieux qu'une épaisse.
On peut travailler à la brosse large ou même au balai.

Votre sol ne devrait nécessiter aucun traitement ultérieur au-delà de son nettoyage régulier : serpillière à l'eau ou au savon et un peu de lait pour sol de temps à autre.
Ainsi, au fil des ans, votre sol en terre cuite s'embellira et se patinera...

Le traitement « à l'ancienne » à l'huile de lin et essence de térébenthine n'est pas si évident que ça : dosage difficile à adapter selon la porosité de la terre cuite, réaction hasardeuse du support (taches, différences de teintes), séchage aléatoire, assombrissement des teintes, encrassement régulier, hydrofugation moyenne, beaucoup de risques donc, pour une économie initiale assez modeste.

L'idéal étant de faire appel à un véritable professionnel des traitements de sol pour un résultat impeccable et durable dans le temps.